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  • Photo du rédacteurMadeleine Nosworthy

Les contes de fees, cette realite virtuelle millenaire

Avez-vous déjà eu envie de retomber en enfance ? Cette période incomparable lors de laquelle on n’avait aucune décision à prendre, notre plus grand problème était de savoir quand serait le goûter et nos imaginations n’étaient pas limitées par tout un tas de règles de savoir-vivre ?


Non, je suis la seule ? Si vous n’avez pas eu une enfance chouette, c’est le moment de redécouvrir le meilleur du monde des enfants. Je pense aux contes de fées, ces histoires dans lesquelles le temps ne suit aucune logique, les personnages sont nébuleux, les rebondissements inexplicables (dit comme ça, ça ressemble pas mal à ma vie d’adulte finalement), et pourtant tout fait sens (ah non – c’est bien fictif).


Peut-être par difficulté à vraiment quitter l’enfance, je reste très attachée aux contes. Plus qu’une simple distraction avant de m’endormir, ils m’aident à comprendre ce que cela signifie que d’être humain en me rapprochant d’une culture commune, d’un inconscient collectif. Les gentils sont récompensés et les méchants sont punis, et c'est quand même beaucoup plus reposant que la réalité. Mais surtout, les personnages se découvrent des pouvoirs au fil de l’histoire et il me semble que c’est exactement ça, la vie : il nous faut trouver continuellement des ressources intérieures insoupçonnées pour faire face à des situations qu'on n'aurait jamais imaginées.


Les contes de fées recèlent une énergie de vie profonde parce qu’ils sont vieux comme la parole et transmis depuis des siècles, et parce qu’ils nous arrivent depuis les quatre coins du monde. Ce sont justement ces voyages dans l’espace-temps qui rendent les contes universels : lire des contes de fées, c’est revenir à la source.


Praline Gay-Para est une conteuse moderne originaire du Liban. Doctorante en ethnolinguistique, elle a fait des contes de fées sa profession (on postule où ?) et transmet à l’écrit et à l’oral des contes, des histoires et des légendes urbaines. Entre autres, elle a publié cette année un recueil intitulé Contes pour jeunes filles intrépides des quatre coins du monde, rassemblant des récits d’endroits aussi divers que l’Arménie, le Chili, la Sibérie ou le Yémen.

Il y a la « sirène au corps brillant comme de la nacre avec une chevelure rouge étincelante et des yeux d’un bleu aussi changeant que celui de la mer », qui a un physique à faire pâlir d’envie Kim Kardashian et qui fournit les villageois en poissons, crustacés et crevettes. Il y a la jeune fille si belle que le croissant de lune descend du ciel pour l’enlever – mais rassurez-vous, elle n’est pas seulement belle, elle

est aussi assez intelligente pour déjouer ses plans. Il y a Akanidi, la fille du soleil qui malgré les mises en garde de son père descend sur terre pour apporter la joie au monde. Il y a la jeune femme sans nom qui échappe aux pièges de tous les hommes libidineux qu’elle rencontre pour enfin partir en bateau avec ses copines.

C’est tout un imaginaire que crée Praline Gay-Para en assemblant ces héroïnes astucieuses, ingénieuses et habiles, un imaginaire qui rend le quotidien moins ordinaire, plus joyeux et surtout plus magique.



Pour aller plus loin

Femmes qui courent avec les loups de Clarissa Pinkola Estés est plus qu’un recueil de contes, c’est une réflexion profonde sur la féminité et sur l'identité. Si vous êtes d’humeur Jungienne, L’interprétation des contes de fées de Marie-Louise von Franz vous armera d’une approche psychanalytique pour mieux comprendre l'intérêt de ces récits, et pourquoi ils sont transmis depuis si longtemps.



Contes pour jeunes filles intrépides de Praline Gay-Para, éd. Actes Sud, 171 p.


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