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  • Photo du rédacteurPaloma de Boismorel

Pourquoi lire en ete ?

L’été est là avec ses valises ouvertes, ses rosés au rayon brochettes, ses crèmes solaires dans les vitrines de pharmacies, et ses innombrables mesures sanitaires impossible à satisfaire.

Théoriquement, il fait beau, il fait chaud et on a sorti son maillot. Théoriquement aussi, on a au fond de son sac en toile LE livre de l’été, alias une lecture de plage, à savoir un page-turner facile et efficace pour oublier les collègues et les piqures de moustique sans avoir à réfléchir. Bref, un truc divertissant qui nous plonge dans le néant avant de retourner travailler.

Argument marketing insultant ? Recyclage éditorial génial ? Autant vous dire que le concept ne m’a jamais emballée. Mettons de côté tous les mensonges qui accompagnent nos étés, mettons de côté l’ambition de se vider la tête qui est pour le moins suspecte (voire carrément criminelle) et réfléchissons à ce que les fictions peuvent réellement ajouter à nos vacances.


S’OFFRIR D’AUTRES VIES QUE LA SIENNE

Quand on a l’esprit encombré, rien ne vaut les soucis des autres pour oublier les siens (et parfois pour les résoudre). C’est moche mais c’est humain et pas totalement vain. Comme les problèmes de nos amis, les romans plein de péripéties, de passions amoureuses, de trahisons, d’accidents et de secrets ne nous distraient pas seulement, ils nous consolent de nos propres malheurs. Ils nous rendent plus intelligents face à la complexité de la vie, plus indulgent envers les autres et envers nous-mêmes mais surtout ils nous obligent souvent à reconsidérer la logique-même de nos propres événements. Bref, même si une intrigue et un dénouement ne sont pas des ingrédients indispensables pour un roman digne de ce nom, on a tous besoin de temps en temps d’une bonne histoire pour braver l’ennui, la solitude et nos inavouables déceptions.


-> Lecture du moment

Cet été, dans les librairies, sur les tables de café et dans les trains, impossible d’échapper à la couverture bleutée de Trois . A priori, on tombe pile dans le cas de l’incontournable et agaçant « livre de l’été ». Sauf que là, il faut avouer que c’est prenant, bien écrit et relativement dénué de clichés. Compagne du réalisateur Claude Lelouch aux côtés duquel elle travaille depuis plusieurs années, Valérie Perrin semble être arrivée en littérature avec l'innocence d'une fleur. Ses deux premières fictions écrites à plus de 45 ans ont dépassé les deux millions d’exemplaires vendus dans le monde. La recette ? Des personnages attachants, des situations familières et des intrigues complexes. Un mix d’ingrédients infaillibles que l’on retrouve dans Trois dont l’histoire est celle d’une amitié entre 3 adolescents séparés par les choix de leur vie d’adulte. Un thriller psychologique qui aborde des sujets aussi essentiels que la cause animale, l’identité sexuelle et la pop des années 90.

TROIS, VALERIE PERRIN, 672 P., ÉD. ALBIN-MICHEL.

-> Lectures vintage : si vous ne les avez pas lus, vous pouvez vous plonger les yeux fermés (mais pas trop) dans les romans suivants :

Tendre est la nuit de Francis Scott Fitzgerald (des bains de mer, du champagne, des regrets, de l’élégance et un amour maudit)

Rebecca de Daphné du Maurier (un secret, un manoir, un veuf silencieux et une femme amoureuse)



ACCÉDER À LA LÉGÈRETÉ

C’est l’été et malgré ce que l’on nous avait promis sur le papier, il ne fait pas beau, les melons sont gorgés d’eau et la vue mer est gâchée par un panneau. Au lieu de râler comme le reste de l’année, vous aimeriez profiter des vacances pour prendre de la hauteur et réussir à vous amuser.

-> Lecture pour planer

Publié en version poche, ce court roman de 150 pages se distingue non seulement par son poids plume mais aussi par sa capacité à nous faire planer avec des réflexions gentiment décalées. Par exemple : à quoi rêvent les pompistes derrière la caisse de leur station-service ? Employé dans une station de la banlieue parisienne, le narrateur a mis en place une série de stratégies pour occuper l’espace mental de ses journées. Il observe les lubies de ses clients, regarde des films de série B, joue aux dames avec son meilleur ami, tente de démasquer des espions, fantasme sur une jolie Japonaise amatrice de chips à l’oignon, organise des expositions pirates à la barbe de son patron, philosophe sur la société de consommation, épie les fenêtres du motel d’en face, tente de paraphraser Baudrillard, le tout en restant à l’écart de l’existence et de ceux qui la vivent. Un premier roman mélancolique et désopilant qui nous embarque dès la première ligne dans le quotidien désabusé de ce personnage attachant mais détaché.

CHRONIQUES D’UNE STATION-SERVICE, ALEXANDRE LABRUFFE, 150 P., ÉD.

FOLIO.


=> Le weekend prochain, on continue de rassasier nos besoins littéraires en vacances avec une sélection de romans pour voyager...


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