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  • Photo du rédacteurPaloma de Boismorel

Quand les livres disent vrai

Parfois la vérité est trop dure ou épicée pour être cuisinée dans le grand chaudron de la narration romanesque. Parfois la vérité demande de longues enquêtes et beaucoup de courage. Entre journalisme et littérature, la non-fiction a gagné ses lettres de noblesse avec des auteurs comme Truman Capote aux USA (De sang froid, 1966) ou Emmanuel Carrère en France (L’Adversaire, 2000). Aujourd’hui bien installée en librairie, elle continue de nous raconter le monde avec des mots sans concession. Deux auteures et journalistes belges ont trempé leur plume dans l’encre acide de la réalité.



CHOC DES CULTURES

Le pitch : Afin de payer son loyer d’étudiante, Margot Vanderstraeten a répondu dans

les années 90 à une petite annonce pour des cours de soutien scolaire. Dès son entretien d’embauche dans une luxueuse maison bourgeoise d’Anvers, la jeune fille réalise que les enfants dont elle va s’occuper ne font rien comme les autres. Issus d’une famille juive orthodoxe, ils doivent respecter d’innombrables règles pour se nourrir, s’habiller et se comporter en société.

Pourquoi c’est passionnant ? Aujourd’hui journaliste, l’auteure revient sur cette expérience de jeunesse qui lui a permis de pénétrer dans l’intimité de cette communauté anversoise très fermée. Débarrassée de toute mise à distance théorique et de toute fioriture romanesque, elle nous raconte les dilemmes intérieurs, les conflits intra-familiaux, les situations étranges et les réactions diverses que provoquent les mœurs et les croyances de ses employeurs. Un récit sans langue de bois sur les défi réels que représentent les identités dans un monde qui se veut pourtant tolérant.

MAZEL TOV !, MARGOT VANDERSTRAETEN, 329 P., ÉD PRESSE DE LA CITÉ.




TUÉS POUR DE VRAI

Le pitch : Le 3 février 2014, deux meurtres sont commis à Bruxelles. L’une des victimes est un SDF d’origine polonaise retrouvé près d’un parking vers la place Rogier, l’autre un célibataire homosexuel assassiné dans son appartement à Uccle. Ils n’ont rien en commun mais la journaliste Anne-Cécile Huwart a réussi à suivre pendant 5 ans l’enquête autour de leur mort au sein de la Crim’ bruxelloise.

Pourquoi c’est passionnant ? Le quotidien de la police belge n’a peut-être pas grand chose à voir avec les séries US, mais il est tout aussi sombre et aiguillé par l’excitation à découvrir la vérité derrière les faits. Aussi bien technique, que psychologique ou administratif, le travail d’équipe y prime avant tout sur l’égo. Un polar 100% réel qui nous ouvre hélas les yeux sur le manque de moyens et de reconnaissance de nos systèmes judiciaires occidentaux.

MOURIR LA NUIT, ANNE-CÉCILE HUWART, 250 P., ÉD ONLIT.









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